Résumé de La folle histoire de la PAO et des Techniques Editoriales
Nous avons été des pionniers, nous avons apporté notre pierre à l’édifice de la construction du monde numérique ! soyons en fiers en ne l’oublions jamais!
En 1987, Apple et deux jeunes start-ups, Adobe et Aldus ont ouvert la voie à une révolution qui a transformé le monde de l’imprimé puis le monde de la communication global.
En 1986 Je lançais Hachette dans l’aventure de la PAO et ensuite PP en 1988…
Voici le détail de cette épopée et l’histoire de ceux qui étaient là…
Il y a très longtemps, comme on dit dans les “Star Wars”, les pages imprimées étaient réalisées avec des moyens et des techniques que tout le monde a oublié.
Aujourd’hui il nous semble absolument impensable de préparer un document autrement qu’avec un ordinateur et un logiciel de mise en page. Pourtant pendant des siècles et jusqu’au années 1980, tout était fait avec de la colle des ciseaux ou même encore auparavant avec des blocs de plombs de caractères gravés.
L’évolution fut très lente entre 1970 et 1980, des sociétés inventèrent des procédés photomécanqiues pour insoler du papier photo avec des “matrices” de caractères sous formes de masques negatifs (sorte de pochoir photographique).Pour connaitre l’histroire de la photocomposition, se referer au sites ci-dessous.
En 1985, John Warnock, un ancien du centre de recherche de Xerox (le Parc, Palo Alto Research Center), mis sur le marché un langage de programmation de mise en page, le Postscript,developpé par sa petite société, Adobe.
Ce langage, associé au technologies recentes d’impression laser permit de lancer les bases technologiques de la PAO. Au même moment, Apple alors dirigé par Steve Jobs dans sa première époque (avant son limogeage en 1985) faisait le pari risqué d’incorporer le langage Postscript dans sa première imprimante laser, la Laserwriter, connectée à son nouvel ordinateur, le Macintosh Plus.Dans le même temps, une petite socité, Aldus, sortait un logiciel de mise ne page pour le macPlus : Pagemaker.
L’asscociation de tous ces éléments, le Mac, l’imprimante laser Postscript et le logiciel PageMaker, fut le Big Bang technologique qui donna naissance à la PAO.
De mon coté, tout a commencé grace à une rencontre au college Stanislas avec Pierre Marchand qui dirigeait alors Gallimard Jeunesse, au cours d’une soirée consacrée aux métiers de la Bande Dessinée et au dessin.
J’avais montré mes gribouillis à Pierre Marchand qui m’avait très gentiment invité à venir visiter ses équipes et voir le fonctionnement d’une maison d’édition. J’avais 17 ans et cela à sucité ma vocation pour le monde merveilleux de l’édition…
En 1984, apres mes études à l’Ecole Superieure Estienne des Arts et Industries Graphiques et au London College of Printing j’avais acheté le premier Macintosh (avec Nervioz!) et j’étais rentré chez Hachette dans le groupe Livre, dans la fabrication des encyclopédies (papier).
J’ai apporté mon Macintosh au bureau et j’ai préché la bonne parole du micro ordinateur avec la souris.
PageMaker est arrivé et grace à la volonté du Directeur de l’Edition d’alors, Michel Langrognet, on a vu arriver Isabelle Levy pour nous former au traitement de texte et à la PAO…
Les premières oeuvres Paoistiques furent des fiches cuisines…
Quelques mois plus tard, Alain, le directeur de fabrication du groupe Prisma Presse me proposait de devenir Chef de Fabrication du magazine CM, ce que je m’empressait d’accepter !
A nouveau, j’arrivais chez PP avec mon Macintosh sous le bras. Il ne devait en ressortir que 15 ans plus tard accompagné du dernir Powerbook G4 (Voir Vidéo)…
La lutte interne dura deux années pour faire comprendre que l’avenir était dans la mise en page à l’écran: la PAO (Publication Assistée par Ordinateur) à laquelle personne ne croyait vraiment encore en France…
Il était de bon ton de dire “la PAO c’est pas du travail professionnel, c’est juste pour les newsletter et pour les secretaires”…
ceux qui ont refusé de s’y mettre sont morts…
En juin 1988, Le Big Boss finit par être au courant des luttes intestines entre les services Fabrication et Informatique et me demande une démonstration…
Joseph (le DA de CM) et moi-même presentèrent donc aux redacteurs en chefs et DA de tout le groupe, cette nouvelle façon de faire des pages de journaux avec une superbe page incluant un Sean Connery en James Bond…
Cette démo (sans plantage!) fut un grand succes et un des plus grand souvenir de ma vie.
il fut immortalisé par un magazine publicitaire et même un article dans le Monde.
CM fut donc le premier magazine à passer en PAO dans un groupe de Presse et ce fut un évènenement…
Toute l’équipe se mobilisa pour réussir ce pari incroyable. Le numéro 100 de CM fut bouclé à cinq heures du matin après de multiples difficilultés rédactionnelles et technqiues qui sont gravées à jamais dans les mé”moires de ceux qui y participèrent..